mardi 27 mars 2012

27/3 - Kunsthistorisches Museum - Café Central


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Journée consacrée au musée de l’histoire de l’art (Kunsthistorisches Museum). Un grand bâtiment créé au XIXe siècle afin d’accueillir les collections accumulées par les Habsbourg depuis plusieurs siècles. Nous ne nous sommes intéressés qu’aux galeries de peintures du premier étage ; le rez de chaussée est affecté aux Antiquités. 
Face à nous, en montant au premier étage nous remarquons une sculpture de Canova : Thésée luttant contre le centaure Biénor, pour une fois qu’il ne tue pas le Minotaure ! Très bon travail, lisse, froid, … du Canova, le centaure semble bien mal parti…

Le premier étage (ou étage principal) comprend deux espaces : à droite la galerie des peintures italiennes, espagnoles et françaises, à gauche, les peintures hollandaises, flamandes et allemandes. Entre les deux, au haut de l’escalier monumental, des échafaudages mènent à une plate-forme (à douze mètres au-dessus du sol) limitée à 25 personnes, ce qui permet de voir de très près les treize peintures majeures que Klimt réalisa pour les escaliers d'apparat du Kunsthistorisches Museum. Dans une grande salle proche, nous pouvons consulter les dessins préparatoires de ces œuvres.

Nous commençons par la droite : le Sud. En premier lieu, les italiens du XVIe, parmi lesquels nous repérons rapidement trois Caravage : David et Goliath, The Coronation with Thorns (le couronnement d’épines) et la Madone du rosaire. Pause recueillie. 


Nous rencontrerons beaucoup de merveilles dont :

  • Les Menimes de Velasquez : quatre portraits de l'infante Marguerite-Thérèse entre trois et neuf ans. La robe de velours bleu aux larges paniers portée par l’infante figée dans une pose majestueuse est d’un superbe effet. 
  • Un Poussin sur le destruction de Jérusalem nous convainc peu… une foule de personnages occupe tout l’espace sans échappée sur un paysage.
  • Nous sommes surpris par une représentation en buste de la Sibylle de Cumes par un certain Bacchiacca. L’étrangeté du visage curieusement coiffé, les seins gonflés sous le voile transparent séduisent l’amateur. 
  • Nous avons retrouvé quatre beaux tableaux d’Arcimboldo, représentatifs des quatre saison. À regarder avec un sourire amusé ! 
  • Pour Yasmin, j’ai photographié une belle Salomé d’Andrea Solario portant la tête coupée de Jean-Baptiste : l’un des thèmes bibliques souvent représenté dans la peinture occidentale que je ne manque pas d’apprécier. 
  • Nous sommes saisis par perfection formelle de la Madonne de Meadow peinte par Raphael (construction pyramidale et sfumato, gravité douce du visage de la Vierge adorable en mère attentive et rêveuse) : La Madone à la prairie (en italien : Madonna del Prato ou encore Madonna del Belvedere)
  • Mon épouse contemplant Marie avec enfants et quatre saints du Perugin.
  • Je passe sur Lotto, Parmiggianino, Corrège et Giorgione, nous y reviendrons dans le diaporama.
  • L’admirable St Sebastien de Mantegna, mille fois vu en reproductions est superbe.
  • etc.


En poussant une porte nous "tombons" sur l'exposition temporaire des dessins préparatoires de Klimt. Malheureusement les textes nombreux, et sans doute, très intéressants qui présentent les épreuves sont exclusivement en allemand. Nous montons sur l'échafaudage à partir duquel les treize peintures de Klimt sont visibles. Nous en connaissons déjà certaines, car les murs de Vienne en regorgent. Ces œuvres permettent de voir à la fois l’enracinement dans l’histoire de l’art de Gustav Klimt  et sa profonde modernité. 


L'art du nord commence (bien) avec de nombreux tableaux de Durer (l'empereur Maximilien Ier). Les collections impériales dont ils sont issus montrent l'intérêt que les empereurs portaient au peintre allemand. Malheureusement alors que nous nous dirigeons vers la salle suivante, celle-ci nous est interdite, des restaurateurs s'affairent, adieu donc à la Tour de Babel, aux Chasseurs dans la Neige, à la Noce Paysanne, etc. de Pieter Brueghel l'Ancien (un tiers de ses œuvres est au Kunsthistorisches Museum).


Nous admirerons aussi des Jan van Eyck, des Rubens, des Rembrandt, des Van Dyck… et nous manquerons, hélas, l'Art de la peinture de Johannes Vermeer.




Nous avons beaucoup apprécié les toiles de Lucas Cranach l'ancien, particulièrement Les Princesses de Saxe, Sibylle, Emilia et Sidonie, le teint laiteux de ces trois grâces parées de bijoux, leurs chapeaux pommelés et leurs atours élégant… Nous contemplons avec ferveur les silhouettes  étirées et longilignes de nos ancêtres Adam et Éve…






La peinture ancienne du Nord est illustrée par Memling, Rogier van der Weyden et l'énigmatique portrait du bouffon Gonella de la cour de Mantoue, peint par Jean Fouquet.




Viennoiserie bienvenue dans le café du musée installé sous la  coupole aussi lumineuse que luxueuse.


Ensuite nous allons vers la Hofburg dans l'intention de visiter l'École d'équitation espagnole, mais les chevaux ne sont visibles que le matin ! Nous tâcherons de revenir demain…


Nous faisons demi tour, traversons à nouveau la place de Marie-Thérèse où se trouve le Kunsthistorisches Museum et nous nous dirigeons vers le Léopold Museum situé dans le MuseumsQuartier Wien, l'un des plus grands complexes culturels du monde. Nous aimerions découvrir les toiles de Schiele, Klim et leurs amis du Jugendstil viennois. 



Comme d'habitude, j'ai l'œil rivé dans dans le viseur de mon Nikon afin de trouver le meilleur angle pour photographier Marie-Thérèse et ses écuyers, quand j trébuche dans un trou. Je prends un "gadin" qui couronne mon genou, sans déchirer mon pantalon ! admirez l'exploit (contrairement à André Lingois à Ostie, il faut savoir tomber…). Nous entrons dans une pharmacie, je reçois les premiers soins. Fin d'après-midi morose…


J'en profite pour découvrir la dernière innovation de Google :
Google Art Project,
dont une des collections concerne le Kunsthistorisches Museum
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lundi 26 mars 2012

26/3 - Schönbrunn - Café Sacher - Église des Capucins - Ballet à l’Opéra.

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Ce matin, nous quittons le centre ville (le ring) pour Schönbrunn, l’ancienne résidence d’été des Halsbourg, situé à six stations de métro de la nôtre (Kalsplatz, au sud du ring). 

Le Ring (en allemand Wiener Ringstraße) est un boulevard annulaire1 qui encercle le centre–ville historique de Vienne (Innere Stadt). Il est bordé d'importants monuments de l'ancienne capitale impériale autrichienne et délimite le premier arrondissement. Aujourd'hui, le Ring est un des plus beaux boulevards de la capitale autrichienne [Chapo de l’article : ring, sur Wikipédia].


C’est beaucoup plus près que Versailles et de toute façon, ce n’est pas Versailles, ni en taille, tant pour le château en lui-même que pour le parc, néanmoins, nous avons beaucoup apprécié l’intérieur de la vaste demeure. Schönbrunn ou Belle Fontaine, était la résidence d’été de l’empereur d’Autriche à partir du XVIIe siècle, celle d’hiver étant le château Hofburg à Vienne, intra muros. 

En sortant du métro, trajet piéton de 3-400 m obligatoire, ensuite, nous entrons dans la cour du Château. Après avoir pris les billets, munis chacun de notre audioguide, nous commençons le parcours des quarante stations proposées par le “grand tour”. Habituellement nous n’apprécions guère les audioguides mais à Vienne nous les avons utilisés avec plaisir et ce, à trois reprises : à la Hofburg, à la Cathédrale et à Schönbrunn. Force est de constater que ces produits audios sont bien faits quant au débit et l’expression de la traductrice (en effet ce sont des femmes qui parlent en français ). La durée des séquences est assez courte, toujours moins de trois minutes. Ce dispositif permet d’avancer à son rythme et de “zapper” ce qui ne nous paraît pas essentiel ; bien sûr le recours à notre guide personnel permet d’approfondir une question .



Quelques heures après cette visite, que nous en reste-il ? un patchwork de belle pièces splendidement ornées du moindre recoin à la grande galerie, tout un monde de luxe et d’apparat que nous regardons avec recul et plaisir ; le travail des artisans et des artistes mobilisés pour la confection de ces merveilles laissent toujours pantois et admiratifs ! 

Arrêt sur deux points d’orgue : le salon Vieux-Laque que l’archiduchesse Marie-Thérèse (1717-1780) fit aménager après le décès de son très cher époux François de Lorraine, mort subitement en 1765. Des panneaux de laque noire, importés de Pékin, ont été insérés dans des boiseries en noyer et entourés de cadres dorés. La grande galerie (40 x 10 m) paradis de lumière, de stucs or sur fond blanc, de fresques au plafond et de glaces étincelantes, ne pouvait nous laisser “de marbre“. Nous n’avons pas pu admirer “le salon bleu chinois“ en cours de restauration et je prends plaisir à regarder les habiles restaurateurs dans leur tâche de réfection.


Une présentation très complète (podcasts et lectures) des appartements impériaux est accessible par ici.



Nous visitons ensuite le parc du château. Les feuillus  d’Europe centrale n'ont pas encore de feuilles, en cette fin du mois de mars. Ainsi presque toutes les activités du parc sont en hibernation : pas d'eau à la fontaine de Neptune, le labyrinte défeuillé est fermé, son mystère évaporé. Seule la Gloriette, arcade néoclassique couronnant la colline à l'arrière du château, est accueillante avec son bar et sa terrasse que les touristes remplissent en cette belle journée de printemps. Agréable promenade dans ces jardins dus au talent du paysagiste français, Jean Trehet.





Retour vers le Ring en direction de l’église des Capucins. Sur le chemin nous croisons l’Hôtel Sacher, le standing “maximum“ en fait d’hébergement de luxe.
Le Café Sacher fait partie du bel ensemble ; comme de nombreux touristes, nous ne nous privons pas de déguster les fameux sacher-torte, mondialement connus : il s’agit d’un gâteau constitué de deux couches de pâte au chocolat bien aérées et juste ce qu’il faut de moelleux dans la texture avec une fine couche de confiture d'abricots ; l’ensemble est nappé d'un glaçage de chocolat noir. Le tout  accompagné d’une belle et grosse cuillerée de crème chantilly. Notre verdict : c’est excellent, il mérite bien sa renommée ! Le prix demandé pour goûter un tel mets dans un pareil endroit reste raisonnable : 4,90 €

Clin d’œil à Gérard : maintenant les hommes sans cravate peuvent pénétrer dans ce café réputé…” tout fout le camp, mon bon Monsieur “ 



Un peu au Nord de la ville, nous rejoignons l’église des Capucins, sous laquelle s’étend la crypte impériale fondée par l’empereur Matthias en 1618. Les sépultures de la Maison des Habsbourg y sont placées en bon ordre chronologique depuis cette date. On y voit de nombreux cercueils en métal pesant, lourdement chargés de décorations funèbres : les têtes de morts couronnées ou non ainsi que les crucifix, les figures épolrées abondent et s’il faut mettre en exergue, l’un d’entre eux, nous notons la tombe monumentale de l’impératrice Marie-Thérèse placée dans une crypte de malheureusement en réfection… N’oublions pas la crypte aux tombeaux de François-Joseph Ier, empereur d'Autriche et roi de Hongrie (18 août 1830 – 21 novembre 1916), la tombe impériale est entourée de celle de sa femme Élisabeth, assassinée par un anarchiste italien (Sissi) et celle de son fils Rodolph,  suicidé à Mayerling (quel rôle y joua son amante Marie Vetsera ?). Nous plongeons en pleine tragédie familiale. 



Nous avalons ”prestissimo“ un repas rapide au “Bell’Amore“, restaurant italien situé à 50 m de notre hôtel, dont nous apprécions la bonne cuisine. Il fallut manger vite parce que Anna Karenina… le ballet la concernant… commence à 20 h au Weiner Staatsoper, l’Opéra viennois.



Nous commençons à nous habituer à cette abondance de stucs or sur fond blanc typiques des monuments viennois. l’Opéra ne fait pas exception à la règle : c’est un majestueux édifice terminé en 1869 où peuvent prendre place 1 700 personnes. Le spectacle commence à l’heure dite : 20 heures précises, pas de quart heure toulousain ou orléanais, la précision germanique nous surprend toujours. Trois danseurs étoiles et un corps de ballet de 24 danseurs ont déployé leur talent pendant les deux actes d’Anna Karenine. D'excellents artistes offraient leurs évolutions sur une belle musique à base de morceaux connus de Thaicski. La mise en scène m’a paru peu inventive mais la danseuse étoile nous a tenus sous le charme de sa merveilleuse technique chorégraphique et sa grâce exquise.
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25/3 - Stephansdom - Musikverein


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Départ en tempo mineur ce matin, après avoir enfilé ma chaussure, une forte douleur m’oblige à boiter bas : ciel mon ampoule ! Je me traîne vers la salle à manger de l’hôtel afin d’ingérer un abondant petit déjeuner : œufs - bacon, puis jambon - fromage, puis tartines beurrées et confiture, puis fruits, accompagnés de jus d’orange, d’Earl Grey et pour aérer le tout d’une tasse de café. Enfin la fée Corinne, la belge prononce le mot sparadrap et m’en tend deux morceaux. Une fois mon ampoule équipée du précieux autocollant, je renfile ma chaussure et miracle, je suis prêt à galoper du pas alerte du retraité, tout va bien ! en route !

Nous sautons dans le tramway N°1 qui ne s’arrête pas où nous le souhaitons, il nous faudra emprunter deux lignes de métro pour arriver à Stephansdom, la cathédrale de Vienne au cœur du quartier médiéval, furieusement relooké baroque.

Construite sur une base romane dont il ne reste que quelques éléments en façade, la nef et le chœur sont de style gothique et la décoration résolument baroque. On remarque immédiatement l’éclat coloré du toit aux ardoises vernissées qui dessinent des formes géométriques du plus bel effet. Vers le chevet, un très grand aigle à deux têtes déploie ses ailes majestueuses (symbole de l'Empire autrichien). La flèche d’un magnifique élan, s’élève à 137 mètres au-dessus de nos têtes. 

L’intérieur majestueux baigne dans une belle lumière chaude. Pour mieux apprécier l’histoire de ce splendide édifice, nous nous armons d’écouteurs et commençons une visite passionnante en 12 points d’explications lumineuses. Quel plaisir de retrouver la langue française ! 
Je m’arrête devant une belle chaire de pierre finement sculptée de multiples rinceaux, de personnages nobles ou pittoresques. De petits animaux monstrueux rampent le long de la balustrade qui mène à la chaire du prédicateur, prêts à le dévorer ! si un bon chien ( forcément fidèle) n’était dressé en vigie pour arrêter les esprits mauvais qui pourraient entacher la sainte Parole… C’est d’un humour naïf et délicieux. Sous la chaire, sculptée en pleine lumière, apparaît la belle tête chevelue de Pilgram, l’un des architectes de la cathédrale. 
Une curiosité marmoréenne de belles dimensions représente le tombeau de Frédérique III . 
Un véritable chef-d’œuvre arrête ma flânerie instructive : je fais une longue posel devant un grand retable de panneaux peints de 72 saints qui entourent le maître-autel. Les personnages ressortent sur fond or.

Nous prenons notre collation sucrée de la mi-journée chez Haas & Haas, un salon de thé, plein de charme dans une courette au chevet de la cathédrale.

Nous parcourons les ruelles vers la Musikverein [une salle de concert réputée pour son acoustique et considérée comme l'une des trois plus belles salles du monde avec le Symphony Hall de Boston et le Concertgebouw d'Amsterdam (Wikipedia)] où nous attend un concert Beethoven. Nous récupérons sans problème les places négociées par Yasmin depuis Orléans puis nous pénétrons dans la grande salle dorée, celle où est donné le traditionnel concert du nouvel an à la télévision ! (merci Yasmin) C'est une vraie merveille esthétique où trouvent leur juste place les splendides ornements dorés disposés en ordre harmonieux, sans outrance ni surcharge ! Impression d’équilibre. Le beau plafond à caissons peints est tout à la gloire d’Apollon et des neufs muses desquels nous sommes proches et qui nous accompagneront pendant l’exécution des œuvres de Beethoven dont le concerto pour piano magistralement interprété par Christian Zacharias. Moment de plaisir aphrodisiaque au paradis des Muses qui me plongent en pleine rêverie. 
 (diaporama à suivre une fois rentrés à Orléans).

C’est l’un des orchestres viennois, le Tonkünstler-Orchester Niederösterreich sous la direction de Christian Zacharias qui donnera trois pièces de Ludwig van Beethoven :

  • L’ouverture, extrait des Créatures de Prométhée
  • Le concerto pour piano n° 1 en ut majeur, op. 15, (concerto pour piano et orchestre)
  • La Symphonie n° 4 en Si bémol majeur, opus 60

Superbe interprétation, acoustique exceptionnelle. “On reviendra dès que l’on pourra…” leitmotiv scandé par Claude qui, comme les chats, voudrait avoir plusieurs vies ! 




En sortant de ce magnifique édifice, nous remarquons des statues de quatre artistes (Leonard de Vinci, Le Titien, Bramante, Vélasquez) elles appartiennent à un bâtiment en rénovation, sur la bâche fixée sur la façade, un dessin avec un nom : Künstlerhaus, il s'agit d'un bâtiment destiné aux expositions, situé sur le boulevard Ringstraße. 




Le Künstlerhaus fut construit entre 1865 et 1868 par la Société Autrichienne d'Arts Plastiques et depuis, il sert de centre d'expositions à la peinture, la sculpture, l'architecture et aux arts appliqués. Dès 1897, quelques artistes modernes se séparèrent du Künstlerhaus et fondèrent la Secession de Vienne.
Depuis 1947, le Künstlerhaus abrite également un cinéma qui accueille entre autres tous les ans le festival du film Viennale.


Le soir, nous dînons au café Muséum conçu par Adolf Loos en 1899, il vient d’être restauré selon les plans de cet architecte. Très agréable décor, notre repas ne fut malheureusement pas à la hauteur de celui d’hier. À retenir pour le chic du décor et la gentillesse de l’accueil.
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dimanche 25 mars 2012

24/3 - Vienne : La Sécession - Wien Museum Karlsplatz - Ring Tram


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Le bâtiment de l’Opéra (Staatoper) est près de notre hôtel. Ce matin nous cherchons des renseignements concernant les spectacles musicaux. Rapidement, nous sommes détenteurs de deux billets pour le ballet, Anna Karenine, sur une musique de Tchaïkovski. Nous progressons dans l’échelle musicale qui nous mène de l’opérette autrichienne, Straussienne II , à Tchaïckoski... “l’âme russe“ dans ses tourbillons existentiels. 

Le Pavillon de la Sécession est à proximité du Staatoper. Son chapeau doré ajouré le rend immédiatement adorable… il est surnommé le “chou doré”. Il permit aux hommes du Jugendstil de culbuter les conformismes et reste aujourd’hui un lieu d’accueil pour l’art contemporain. C’est dans ce beau bâtiment blanc souligné par des dorures (décorations et inscriptions, dont la devise, au-dessus de l'entrée : « À chaque âge son art, à chaque art sa liberté » (en allemand : Der Zeit ihre Kunst. Der Kunst ihre Freiheit)) que nous pouvons coller notre œil sur la Frise Beethoven de Gustav Klimt grâce à une plate-forme qui nous hisse à son niveau et nous permet de voir de très près cette œuvre majeure. Couleurs capiteuses, lignes ondoyantes, visages -fleurs aux yeux fiévreux, corps souffrants, corps fervents, tous fêtent et recréent cette Neuvième Symphonie, aspiration au bonheur dans un au-delà idéal (interprétée, à l’époque par Richard Wagner). Quelques compléments : en images et une analyse.

Nous continuons de commémorer le 150e anniversaire de la naissance de Klimt au Wien Museum de Karlsplatz qui présente l’histoire de Vienne du néolithique à la guerre de 14. Au 2e étage nous pouvons savourer la délicatesse exquise de trois portraits féminins peints par Gustav Klimt . S’ajoute à notre plaisir, la contemplation des toiles d’Egon Schiele : son style acéré, expressif, élégant et cruel à la fois nous plonge dans le ravissement du ciel de l’Art ! 
Dans ce musée historique, le tournant du XXe siècle est particulièrement mis en valeur. Nous découvrons le style Biedemeier dans le mobilier typique du confort bourgeois des nouvelles classes dirigeantes.
C’est une autre émotion qui nous saisit quand nous retrouvons l’époque gothique autrichienne : ses statues de bois aux beaux drapés, cette allure altière et réservée des hommes et des femmes sculptés ; comme vivants dans cette vibration des formes qui les anime à laquelle s’ajoute la lumière qui s’irise en mille nuances dans les vitraux historiés. 
Un bien bel atrium spacieux pourvu d’un bar nous offre un moment de détente agrémenté d’une collation : ah! les pâtisseries viennoises ! Quelle belle lumière !

Nous repartons pour de “ folles “ aventures mais comme je porte de nouvelles chaussures, chose interdite à un touriste conséquent, j’ajoute à l’éclairage ambiant une ampoule qui freine notablement notre folle cadence.

Nous découvrons le Vienna Ring Tram : un tour du ring en tramway avec des écouteurs dans les oreilles qui nous parlent des principaux monuments rencontrés. La ville me paraît plus belle vue d’un piédestal sur fonds de musique mozartienne. 

Retour par la Schwarzenbergplatz où le murmure d’une formidable fontaine, l’Hochstrahlbrunnen, accompagne l’enveloppant monument commémorant la libération de Vienne par l’armée rouge. Sur cette place, nous remarquons d’un côté, l’Arnold Scönberg Center et de l’autre la séduisante ambassade de France, de style “art nouveau“. 

Enfin, le soir nous voici attablés dans un restaurant typiquement autrichien, Le GaBhaus (avec un beta à la place du B, qui si j’ai bien compris se prononce comme 2s ou st), ce terme doit signifier : auberge. J’ai dégusté une sorte d’entrecôte bordelaise (Traditioneller Wiener Zwiebelrostbroten mit…) délicieuse, alors que mon épouse se régalait d’un succulent râble de lapin ((Kaninchenfilet im Beinschinken-Blätterteig…), les desserts (fondant au chocolat et sorbet amélioré grâce à des fruits) furent aussi fort appréciés de nos palais. 

Buona notte ! 
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samedi 24 mars 2012

23/3 - Vienne : Hofburg - Albertina - Volksoper


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Après une nuit réparatrice et un copieux petit déjeuner, nous partons, à pied, vers la Hofburg (à 500 m), le quartier de la Vienne impériale.

Cette balade sur des avenues larges et banales loin du pittoresque de nos contrées ou de l’Italie, d’emblée ne nous enchante pas. Une atmosphère de calme nous imprègne cependant dans ce quartier du centre-ville : les véhicules font peu de bruit, (voitures et tramways) et les Viennois parlent sans élever le ton. 

Après la place Albertina, nous arpentons des rues moins rectilignes, des bâtiments aux façades plus animées. Nous parvenons à la Josefsplatz : une statue équestre de Josef II dresse sa superbe au milieu de la place à l’arrière de laquelle s’élève la Bibliothèque nationale. Devant la statue, le Palais Pallfy où Mozart donna une représentation privée des Noces de Figaro.

Au cours de notre promenade, nous empruntons la Dorotheergasse, où se trouve le célèbre café Hawelka encore peu fréquenté à cette heure matinale. Sur la place du Graben s’impose avec une force tourmentée et une épaisse lourdeur, la Pestsäule ou colonne de la peste (comme il en existe beaucoup en Europe centrale). Puis, après quelques zigzags, nous arrivons à la Michaelerplatz devant l’entrée du palais de la Hofburg.

D’abord nous pénétrons dans la Michaelerkirche, église ancienne (beau chœur de 1327) souvent remaniée, au charme indéniable. Nous nous arrêtons encore quelques instants devant la fontaine qui représente des allégories de la puissance maritime. Enfin nous franchissons la porte qui mène au palais de Hofburg et visitons les appartements de l’empereur et le musée consacré à la vie de “l’empress“ Sisi, l’étrange et séduisante princesse Elizabeth, encore présente au milieu de tous ses objets de toilette, ses robes à falballas, ses fanfreluches et ses nombreux portraits. 

Nous pourrions éprouver une certaine émotion en nous impliquant davantage ; la lecture (difficile pour moi) de quelques poèmes traduits en anglais laisse entrevoir une sensibilité certaine… mais la belle dame, adepte de la gymnastique et des exercices physiques, ne fait pas partie de mon panthéon personnel.

La visite de ces appartements commence par une sorte de déluge étincelant de vaisselle de vermeil, argent, porcelaine fine très ouvragée, le tout rangé en quantités impressionnantes comme en un défilé militaire. Très rapidement rassasiés, nous poursuivons le trajet obligatoire de ce labyrinthe illuminé.

Déjeuner au Café Hofburg où notre repas se résume au Kaiserechmarren, les excellentes crêpes de l’empereur, beaucoup plus épaisses que les nôtres, découpées en petits morceaux accompagnés des compotes de pommes et de prunes, on en redemanderait ! tellement elles sont exquises. 

Retour par la Neue Burg, puis par le Burggarden, parc avec pelouses envahies de jeunes allongés sur les pelouses, en toute décontraction. Nous contemplons un élégant monument dédié à Mozart, de grandes serres à papillons bordent le jardin au sud-ouest. Les terrasses des cafés débordent de Viennois assoiffés de soleil auquel ils offrent leurs blanches peaux. 

Il fait vraiment très beau et nous jouissons d’une vingtaine de degrés au soleil, les perspectives météorologiques sont encourageantes. Les murs froids et austères des grands édifices s’en trouvent réchauffés. 

Nous passons devant le musée de l’Albertina qui affiche des impressionnistes français et Picasso, mais aussi l’exposition de dessins de Gustav Klimt, dont c’est l’année de commémoration à Vienne. Bel édifice, cet Albertina, situé derrière l’Opéra, en surélévation. Nous prenons des tickets d’entrée, à tarif réduit grâce à la “Vienna Cart” (18,50 €, par personne) qui nous permet d’user et abuser de tous les transports en commun et d’obtenir de petites réductions à peu près dans tous les musées. Nous accédons aux salles réservées aux dessins de Gustav Klimt.

En parcourant une dizaine de salles nous constatons la maestria du maître viennois en matière de tracé. Sont représentées majoritairement des esquisses de femmes, aux attitudes souvent érotiques. C’est du grand art, quoique de nombreux dessins soient peu appuyés donc peu lisibles. Nous commençons à traîner les pieds et regagnons notre hôtel accueillant et très confortable. 

Vers 18:00, nous partons vers le Volksoper où nous devons assister à une représentation de la fameuse opérette “La Chauve-Souris” de Johann Strauss II. Nous arrivons sans encombre, 25 minutes plus tard, après avoir apprécié le confort du métro (4 stations) puis du tramway viennois (4 stations aussi). Matériel récent, signalisation pratique et places assises, c’est tout ce que demande un touriste dans une grande ville européenne.

19:00, la salle est pleine, rideau rouge, silence, ouverture bien enlevée , c’est parti ! Belles voix, un prompteur traduit l’essentiel en anglais, il n’est pas très lisible mais je comprends le propos . En revanche, c’est la consternation pour ma femme qui ne comprend rien à ces longues scènes parlées entre protagonistes gesticulants, vite perdue dans ce “vaudeville” tournoyant qu’elle trouve mortellement ennuyeux ! elle ne goûte absolument pas ce genre de musique. Au premier entracte, nous nous esquivons… lâchement.
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vendredi 23 mars 2012

22/3 - Vienne : voyage - Karlsplatz

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Ce jeudi matin, nous partons pour l’Autriche. Destination : Vienne, capitale prestigieuse, véritable “creuset ethnique“ comme l’indique le guide touristique. Lever à une heure inhabituelle : 4 heures, c’est bien tôt pour de paisibles retraités ! Une heure plus tard, la Clio vrombit pressée de sortir d’Orléans et de gagner l’autoroute. Nous contournons Paris par l’Est, à 7:20 nous entrons, grâce à un code, dans le Parking AB, payé la veille sur Internet. Longue balade de hall en hall, enregistrement, passage au portique, où pour une fois mes bretelles ne déclenchent pas d’alarme, en revanche Marie-Hélène doit ôter ses bottines. Pourquoi ? nous n’approfondissons pas…

Vol sans histoire, comme on dit. Un taxi nous attend et nous dépose, 20 minutes plus tard, à l’hôtel Kaiserhof (Best Western) situé dans le quartier du Belvedere. Nous nous présentons à l’accueil, une dame francophone nous renseigne, un peu plus tard un “septante” s’égare dans la conversation, nous l’appellerons désormais entre nous “la belge”. Quel plaisir tout de même d’entendre notre langue si parfaitement parlée dans cet environnement germanique… qui nous est étranger. 

La chambre plaît à mon épouse. Je me connecte au Wifi de l’hôtel, ça marche ! 

Un premier tour du quartier qui semble celui des ambassades : j’en repère au moins cinq… Je parcours la Karlsplatz, à 300 m de l’hôtel, à l’Est une grande bâtisse très originale : la Karlskirche, une église baroque (la plus belle de Vienne d’après mon guide) à vaste coupole flanquée de deux colonnes “trajanes”, narrant la constance et le courage de Charles Borromée (sanctifié au XVIe siècle pour avoir soigné les lépreux avec un dévouement exemplaire). 
Il s’agit donc d’un édifice d’inspiration antique tout comme le portique qui les sépare semble inspiré du Panthéon romain. Elle a, me semble-t-il, un côté stambuliote et même, de face, elle m’a fait penser au Taj Mahal, vu sous un certain angle et avec le recul… Bon je pense peut-être trop… Ah j’oubliais de signaler les deux pavillons sur les côtés avec leur toit de style pagode…

Quand nous pénétrons dans l’édifice, surprise de taille non pas tant à cause du prix du billet : 6 € par personne, ce qui n'est pas donné, mais à cause du monstrueux ascenseur planté quasiment au milieu de la nef “ baroquissime“. Nous pouvons accéder à la coupole avec ce treuil : un échafaudage métallique dans la nef de l’église… nous apprendrons plus tard (prospectus) qu’il s’agit en fait d’une opération pour recueillir des fonds afin de rénover les fresques grandioses, impressionnantes à défaut d’être vraiment belles : elles sont peintes par l’artiste Michael Rottmayr, alors nous excusons cet affreux ascenseur qui enlaidit l’église, temporairement et, disons-le, pour la bonne cause. Coup de pied de l'âne : le fameux panorama de la lanterne de la coupole est fortement occulté par un grillage très serré.

Repas du soir au Bell’amore (Rilkeplatz 5 à Wien), restaurant italien, dont nous avons remarqué la qualité, pour un prix raisonnable…
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